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  • 14 avril 2020

La minute technique : chronographe / chronomètre ?

La minute technique : chronographe / chronomètre ?

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Chronographe / Chronomètre

Chronomètre et chronographe sont deux mots qu’on retrouve très souvent en horlogerie, en les confondant toutefois très régulièrement.
Pour comprendre la différence entre ces deux vocables, nous allons nous pencher sur leur histoire et leur parcours lexicographique.

Chronomètre

Il est difficile de situer exactement l’apparition du mot chronomètre en français mais on en retrouve trace dès 1701 dans un texte de Joseph Sauveur intitulé « Principes d’acoustique et de musique ». Il y sert à désigner ce que nous appellerions aujourd’hui un métronome.

C’est avec le troisième volume de l’Encyclopédie, paru en 1753, que le terme se rattache plus explicitement à l’horlogerie : « Nom générique pour marquer les instruments qui servent à mesurer le temps. […] On dit en ce sens que les montres, les horloges sont des chronomètres ». A la même époque, lors de la quatrième édition de 1762, il fait son apparition dans le dictionnaire de l’Académie française où il possède une définition similaire. Il faudra attendre 1835 et la sixième édition, pour que les immortels apportent une nouvelle précision d’importance : « Dans l’usage, on ne l’emploie que pour désigner ceux de ces instruments qui […] diffèrent […] par une exécution assez parfaite pour pouvoir servir aux observations des marins et des astronomes ». Derrière la référence aux marins et aux astronomes, il y a l’idée, la nécessité d’une grande précision. Pour comprendre cela, nous allons faire un détour par l’Angleterre du XVIIIe siècle.

John Harrison, English inventor and horologist, 1767.

En 1759, John Harrison, ébéniste de formation et génial horloger autodidacte, mettait au point une montre dénommée H4 qui permettait enfin de calculer avec précision la longitude en haute mer, chose impossible jusque-là. On connaissait bien sûr la réponse théorique au problème : puisqu’on savait déterminer assez facilement la latitude, on pouvait utiliser le décalage horaire entre le méridien où on se trouvait et celui de son port d’origine pour établir sa longitude. Malheureusement, il n’existait aucun moyen fiable pour conserver l’heure précise du point de départ. Même les méthodes de calcul basées sur l’observation astronomique ne donnaient pas de résultats entièrement satisfaisants. Avec Harrison, il devint possible aux marins d’emporter avec eux une heure de référence et d’en déduire leur position en toute fiabilité.

Pour cela, il fallait cependant garantir la bonne marche de ces garde-temps que l’on finira par appeler « chronomètres de marine ». On mit alors progressivement en place des bureaux et des commissions scientifiques en charge d’observer le fonctionnement des horloges portatives qui étaient embarquées à bord des navires. Les épreuves se complexifièrent et se formalisèrent au point que l’on put attribuer des bulletins de marche, véritables certificats de précision reprenant l’entièreté des performances des garde-temps au cours des tests. Cette pratique qui concernait au départ presque exclusivement les domaines de la science et de la marine, d’abord militaire puis marchande, finit par déborder dans le domaine civil au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle. A Genève, Neuchâtel, Kew-Teddington, Washington, Besançon ou Hambourg, se multiplièrent alors les concours d’observatoire au cours desquels les marques se disputaient les premiers prix, synonymes de la plus grande précision.

Cette époque marqua durablement l’acception que nous nous avons du terme chronomètre : on passa ainsi de « tout instrument qui sert à mesurer le temps » à « appareil de haute précision certifié par un organisme officiel ». C’est le rôle que joue encore aujourd’hui le Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres ou COSC, digne héritier des observatoires et bureaux de chronométrie suisses : contrôler la bonne marche des mécanismes qui lui sont confiés.

Chronographe

Pour ce qui est du chronographe, il faut remonter moins loin dans le passé. Si au départ, ce mot désigne un chroniqueur, c’est-à-dire une personne qui consigne les faits historiques dans l’ordre de leur déroulement, il prend un tout autre sens avec l’inventeur français Nicolas Rieussec.

On ne s’attardera pas ici sur les prémices de cette invention ni sur les questions qui se posent sur sa paternité. Par contre, on relèvera que c’est à l’occasion de sa présentation à l’Académie des sciences de Paris en octobre 1821, que le terme est utilisé pour nommer ce nouvel instrument.

Mais de quoi s’agit-il exactement ?

Né de la nécessité de minuter les performances des chevaux lors des entraînements et des courses hippiques, le chronographe écrit littéralement le temps. En effet, le mécanisme est lancé au départ de la course, et chaque fois qu’un cheval franchit la ligne d’arrivée, une aiguille commandée par l’horloger vient déposer une goutte d’encre sur son cadran rotatif en émail, réalisant ainsi une sorte de photo finish avant l’heure. Émile Littré, dans le supplément de 1869 à son fameux dictionnaire, propose la définition suivante du chronographe : « appareil qui enregistre le temps ». La version actuelle du dictionnaire de l’Académie, la neuvième, diffère à peine : « instrument qui mesure et enregistre graphiquement la durée d’un phénomène ».

Chronographe de Rieussec-1822-Hall-of-Time

Aujourd’hui, le chronographe est une montre permettant de mesurer des intervalles de temps en heures, minutes, secondes et fractions de seconde, grâce à un mécanisme commandant la marche, l’arrêt et la remise à zéro des aiguilles. Une montre dont on abrège souvent le nom en « chrono », sans doute plus aisé à utiliser mais qui facilite la confusion avec « chronomètre ». Et pour compliquer un peu les choses, on pourrait dire qu’un chronographe devrait être certifié chronomètre pour faire correctement son travail ! Nous aborderons dans nos prochaines newsletters la famille passionnante des différents types de chronographes.

Chronomètre

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Baume & Mercier
Clifton Baumatic

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Chronographe

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Type XXII 3880

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